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Un instant parisien:
Une exposition des oeuvres d’arts de Nicholle Kobi


Grosse: Décoloniser l’occupation du corps 

CINÉ-RADAR: Mars


Par Myriam Dimanche

Artwork - Girl Boss by Nicholle Kobi, drawing of a black woman with an afro sitting on her office desk in a swanky New York apartment

Girl Boss by Nicholle Kobi

Ayant été peu exposé au travail de l’artiste française Nicholle Kobi, j’avais très hâte d’en savoir plus lors de l’annonce de sa galerie-éphémère, qu’elle-même présenterait à Montréal, ce 24 février.  

À l’événement, on était accueilli par de belles peintures et illustrations, toutes arborant, la femme noire, majestueuse sous toutes ses formes, comme point focal – de la confiante et resplendissante dans sa tenue de soirée pour une sortie nocturne, à celle qui se la coule douce sirotant un martini dans les bras de son amoureux.

Un commentaire, souvent entendu durant la période de questions, modérée par Gérardine Jeune, aussi connue comme Mlle Geri, fut la satisfaction et la fierté évoquées par ces oeuvres, car les femmes se voyaient en celles-ci, finalement. Elles étaient représentées. On en faisait leur reflet. Elles étaient vues pour ce qu’elles sont réellement: aux multiples visages, complexes, mais d’une force et beauté perpétuelles. Les oeuvres d’un côté, sont classiques dans leur qualité intemporelle, transcendant les limites du contemporain, et de l’autre, modernes, capturant ces femme maniant la technologie sur le bout des doigts et les plaçant dans un environnement similaire à celui dont on pourrait nous-même se retrouver aujourd’hui, tel sur notre lit, notre ordi portable et café en main, travaillant sur notre dernière négoce sur le web.

Voyez ci-dessous, certaines de ses oeuvres exposées à la galerie et qu’on retrouve aussi dans sa boutique en ligne: www.nichollekobi.com.


  • artowrk - Happy Woman by Nicholle Kobi - Limited Edition
    Happy Woman by Nicholle Kobi - Limited Edition


Par Myriam Laabidi

Essoufflée. C’est ainsi que l’on sort de la lecture de Grosse, écrit par Lynda Dion, récemment publié. Huit dessins réalisés par l’auteur au fusain, sans forcément de valeur artistique, seront les huit chapitres du livre. Ils ont un sens, une cohérence, une chronologie.

Crédit photo: Empeiria Photography

Et là, l’auteur nous noie en nous tirant par les pieds vers le fond de l’eau, dans une écriture folle et affamée, sans ponctuation, sans bulle d’air pour respirer.

Elle est grosse et ça la tue. Elle ne le fait pas par exprès. Elle est née comme ça. Elle maltraite son corps, elle le violente, elle ne voit pas qu’il est colonisé. Colonisé par les diktats de beauté, les mêmes qui te font détester tes cheveux, les mêmes qui te font détester la couleur de ta peau, les mêmes qui te font détester ton nez, ton acné, le grain de ta peau et j’en passe.

La décolonisation de son corps est un processus de révolte, de crise qui se fait dans la violence. Lynda se découpe, se charcute, s’éviscère – joue au boucher avec elle-même. Tout est excès pour oublier ce corps: la dépendance à l’alcool, le sexe ou les orgies de nourriture. On souhaiterait l’aider. On se fâche contre elle de son défaitisme. On peut aussi la comprendre, et on espère sincèrement qu’elle s’en sortira.

Lynda Dion n’est pas une femme racisée. C’est une femme, grosse, qui a souffert d’une différence physique, mais sa douleur d’exclusion est universelle. À partir du moment où on vit un épisode d’exclusion à cause d’attributs physiques ou qu’on ne se sent pas représentée, on se reconnaît dans ce récit de vie. Toute femme qui lutte contre soi-même et son physique, va trouver des mots dans l’ouvrage Grosse.

Ce livre est un vibrant témoignage, pas forcément facile à entendre certaines fois, mais nécessaire. Parce que finalement, il est salvateur et permet de se réconcilier avec soi-même. À lire.

 


By Myriam Dimanche

N’avions-nous pas raison à propos du film La Panthère Noires? Ce film était incroyable et n’a AUCUNEMENT déçu. Si vous ne l’avez pas encore vu – mais qu’attendez-vous? Et si vous vous demandez dans quel format le voir, soit régulier ou en 3D – l’ayant vu dans les deux, je vous suggère fortement d’opter pour le plus cher et inoubliable expérience 3D.

Bon, voici notre liste de films à voir pour ce mois-ci.

Allez, bon film!

Le Moineau Rouge Gringo Un Raccourci dans le Temps Les Fantômes d’Ismaël Final Portrait
02 mars 09 mars 09 mars 23 mars 30 mars
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ÉDITRICE EN CHEF
Myriam Richard

VP & COO
Myriam Dimanche

COLLABORATRICE (Littérature)
Myriam Laabidi

PHOTOGRAPHE
Christine Empeiria
Empeiria Photography


 

 

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